Action avec les groupes de jeunes
Par Geneviève CASANOVA le mer, 16/11/2011 - 11:35
Medhi CHEBIRA, chargé de mission au conseil général 42 (« Cyber Loire »)
Des points essentiels
- Ces actions ont un double objectif : sécuriser le parcours des jeunes, les accompagner, et les valoriser, mais aussi changer leur image, généralement négative. On les emmène à l’extérieur, sous le regard des autres et par exemple, quand ils sont vus à l’œuvre sur un chantier, l’opinion que l’on a d’eux change : on les voit capables de travailler, etc. Faire bouger les représentations mutuelles entre les jeunes et l’extérieur des quartiers est un des enjeux forts de ces actions. Engager et formaliser des actions partenariales basées sur des constats partagés (études, financeurs)
- Faire avec, faire ensemble en est un autre et ce travail s’inscrit dans la durée, il est le résultat d’une construction éducative pour rendre visible la Prévention Spécialisée. Cette dimension collective ne rend pas moins nécessaire l’accompagnement individuel.
Ce qui m’a frappé
- La difficulté à valoriser ces actions. Les éducateurs travaillent selon et sous les yeux de la commande publique à qui ils rendent des comptes : combien de jeunes, combien d’actions, etc. Le nombre d’actions est en augmentation c’est une dimension importante de leur travail. Néanmoins et de façon récurrente ils s’entendent demander ce qu’ils font, en quoi ça consiste, on dit leur travail peu visible etc. et ils sont déstabilisés par ce type de discours (mises en cause ?). Une fois une action terminée, on passe à une autre, sans prendre suffisamment de temps pour communiquer sur ce qui a été fait. C’est doublement dommage : communiquer serait une réponse aux interrogations mal vécues sur leur travail et en outre quand ils le font ils témoignent de la grande satisfaction qu’ils retirent, avec les jeunes, à montrer ce qu’ils ont fait.
- Un point de surprise : on n’a pas parlé des parents.... (cela tenait-il à la nature des expériences présentées et à la somme des questions présentes ?)
Perspectives et messages
- Intégrer systématiquement dans chaque projet la partie « retour et communication » et pourquoi ne pas la mettre en œuvre en s’appuyant sur les jeunes, ce qui maintiendrait la composante éducative dans cette phase, en les rendant coresponsables et coproducteurs de l’image qui va être donnée d’eux-mêmes à travers cette communication. On pourrait le mettre en œuvre sur la base des moyens numériques et du principe de l’école mutuelle : les éducateurs maîtrisent des méthodologies (ce que l’on peut dire, comment le dire etc.) et les jeunes sont très à leur aise avec les outils de la communication électronique (réseaux sociaux, blogs, photos, vidéos...). Chacune de ces compétences complétant l’autre, on mettrait les jeunes en situation de chercher (pourquoi ce montage ne marche pas, pourquoi tel outil...) Le blog paraît tout indiqué pour ce faire.
- Dans ce cadre les éducateurs pourraient développer des partenariats avec les espaces publics numériques (EPN) dans lesquels les animateurs sont disponibles pour aider à perfectionner les techniques et délivrer des messages de bonne utilisation de ces « traces » qu’on laisse sur Internet et qui risquent un jour de vous rattraper. C’est une bonne occasion d’en laisser des positives (voir http://www.netpublic.fr/net-public/espaces-publics-numeriques/presentation/). En dernière partie de l’atelier quand la question du numérique a été abordée, la salle s’est beaucoup animée : les gens avaient des choses à dire là-dessus, c’était frappant.


