Inclusion professionnelle
Par Geneviève CASANOVA le mer, 16/11/2011 - 11:29
Jean Marie VAUCHEZ , président de l’ONES
Ce qui m’a frappé, l’essentiel
- Dans la quinzaine de témoignages exposés en tribune et dans la salle, ce qui est revenu c’est la prise de risque inhérente au fait d’envoyer un jeune en formation et / ou en emploi et l’engagement très fort que mettent les éducateurs dans ces démarches d’inclusion. Le jeune tiendra-t-il, l’employeur ne demandera-t-il pas trop de « performance », le jeune ne se découragera-t-il pas, est-ce le bon moment pour lui, à partir de quand peut-on donner suffisamment de sens au processus pour qu’une interruption devienne une expérience inhérente au parcours et ne signe pas un échec (celui de trop ?) ?
- Cela peut marcher parce que lien est maintenu avec le jeune et travaillé avec les organismes de formation et les réseaux d’employeurs. C’est ainsi que l’on contient le risque, parce que l’accompagnement ne s’interrompt pas, que les professionnels de l’insertion et ceux de la prévention spécialisée échangent sur la situation et que « l’échec » est intégré comme une des données sur le parcours. Ils ne lâchent pas le jeune, ils tiennent, et pour que l’insertion devienne « vraie », que le jeune s’approprie un parcours professionnel et y soit réellement autonome il faut parfois très longtemps. Un intervenant racontait qu’un jeune était en formation et qu’au bout de deux mois il aurait pu estimer que les critères étaient réunis pour arrêter ce suivi mais il est resté, il y a eu des allers et retours multiples, et il poursuivait l’accompagnement : ce jeune est tout à fait inséré professionnellement, et l’éducateur est resté 4 ans à ses côtés.
Perspectives, message
- La réussite de l’inclusion professionnelle est conditionnée à l’existence et à la solidité d’un réseau autour du binôme jeune éducateur : organismes de formation, employeurs, structures d’insertion etc. Sans ce réseau de professionnels et leur engagement, inutile d’aligner des dispositifs, on se condamne à rester dans l’incantation. Il faut inlassablement répéter l’importance de la durée dans ces processus. Si on ne le fait pas reconnaître, on n’obtient que des insertions « apparemment » réussies, mais qui resteront fragiles et aléatoires.


