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Recherche action : Coopérations socio-éducatives de territoire

Le CNLAPS a relancé fin 2019, et ce pour une durée de 3 ans, une recherche-action portant sur les coopérations socio-éducatives de territoire.

L’action fait l’objet d’un co-financement de l’ANCT, la DGCS (via la DILPEJ) et le SG-CIPDR suite à des réflexions partagées, qui soutiennent et organisent les politiques locales en faveur de la cohésion sociale, de sécurité et de vivre-ensemble dans les territoires, placés en QRR, QPV, en zone rurale....

Ce travail au long cours prend sa source dans des interrogations telles que : comment faciliter la coopération des intervenants sociaux au sein d’un même territoire ? Peut-on identifier une « bonne échelle d’intervention » en matière de cohésion sociale ?

La démarche questionnera donc les modalités de coopération des acteurs territoriaux, dont la prévention spécialisée, notamment en matière de lisibilité et d’efficience, dans le but de bâtir les contours d’un modèle de coopération fonctionnel et d’identifier les freins prévisibles face à ce type de modèle.

L’étude vise la possibilité d’identifier un ou des modèles de coopération(s) transposable(s), ainsi différents axes de travail ont déjà émergé :

  • Mettre en exergue les points de convergence et les spécificités des différents contextes territoriaux de l’étude.
  • Rechercher les similarités et singularités de coopérations entre les différents territoires, concernant les acteurs : équipes, habitants, associations, pouvoirs publics.
  • Repérer les accentuations ou dégradations des logiques de coopération, par l’identification des événements, paramètres ou enjeux conduisant à développer une action intégrée.

La démarche mise en œuvre est originale en ce qu’elle intègre une forte dimension de terrain, des acteurs institutionnels et un cabinet chargé d’étude, NEORIZONS. Elle vise la production de connaissances et l’échange à plusieurs niveaux.

Le CNLAPS via six de ses adhérents, met en œuvre la recherche dans différents territoires et ces acteurs locaux de prévention spécialisée en sont les correspondants :

  • L’AGASEF, pour la commune de la Ricamarie (42) ;
  • Le Groupe addap13, pour la commune de Marseille, quartier des Rosiers (13) ;
  • Moissons nouvelles et les CMSEA pour le bassin minier de Forbach/Freyming-Merlebach (57) ;
  • L’association Don Bosco, pour Brest (29) ;
  • L’APAP80, pour la commune d’Abbeville (80) ;
  • L’IFEP, pour la commune de Mantes-la-Jolie (78).

Ces territoires peuvent partager un certain nombre de caractéristiques (QPV, QRR, présence d’une cité éducative, fort tissu partenarial, interventions de médiations…), qui pourront être mises en évidence via une cartographie construite par l’étude. Ils ont fait l’objet d’une validation via les comités de pilotage nationaux ce qui permet d’adapter la recherche aux évolutions contextuelles et une construction partagée. Une attention particulière sera portée au champ de la médiation dans la démarche.

Un calendrier des Comités Nationaux de Pilotage est mis en place, ainsi que pour les Comités Techniques Locaux. Ces instances participatives permettent d’ajuster, d’échanger, de construire les connaissances et, pour les chercheurs, de recueillir du matériau ; ces derniers utilisent également les rencontres partenariales locales, les entretiens et la recension de documents (écrits des intervenants de prévention spécialisée, appels à projets émis…) pour étayer la recherche.

Des productions écrites régulières jalonnent l’avancée du travail et sont l’objet d’échanges avec les parties prenantes lors des comités de pilotage, avant diffusion aux parties prenantes des comités nationaux de pilotage.

Le CNLAPS pour sa part s’attache tout particulièrement à alimenter la réflexion sur les points suivants :

  • l’efficacité de la coopération en matière d’intervention socio-éducative au sein des territoires et particulièrement en direction de la jeunesse : moyens, freins….
  • la légitimité en matière de démarche de coopération entre acteurs agissant dans des champs différents ;
  • les concepts utilisés pour la rendre opérationnelle, lisible ;  
  • l’identification et de qualification des postures professionnelles et métier en prévention spécialisée.
  • Le caractère évaluable, donc éventuellement transposable de ces coopérations.

A terme, l’analyse produite pourrait aboutir à des propositions, sous forme de recommandations, permettant une évaluation pertinente de la qualité des coopérations existantes dans les territoires. Elle pourrait également permettre d’avancer sur la question stratégique en prévention spécialisée, de mettre à jour des axes stratégiques propres à la prévention spécialisée reposant sur le potentiel d’une articulation entre sa souplesse d’intervention (…) et l’évolution des politiques publiques avec laquelle elle interagit en continu.

L’étude s’attache également à repérer les contextes actuels et les contraintes de différents niveaux (amenuisement des financements, demande de transparence…) en fonction des éventuelles spécificités territoriales.

La recherche continue durant cette période de crise sanitaire et sociale. Ses étapes et son calendrier en sont inévitablement impactés mais en retour, cette crise, en ce qu’elle modifie l’ensemble du contexte et de ce fait redistribue et influe les jeux d’acteurs et les priorités, peut être aussi un matériau donnant l’occasion d’analyser « en temps réel » des fonctionnements, et des réflexes qui seraient peut-être moins visibles dans un contexte plus « ordinaire ».

Rédigé par Carine ANTIQ

Cheffe de service éducatif

Grouppe ADDAP 13